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Le Rwanda accueille le tout premier Sommet mondial sur le paludisme et les maladies tropicales négligées

Le Sommet de Kigali sur le paludisme et les maladies tropicales négligées sera un appel aux dirigeants mondiaux à tenir la promesse de la Réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth (CHOGM) de réduire de moitié les cas de paludisme d’ici à 2023 et à exécuter les engagements politiques et financiers pris à hauteur de 1,5 milliard de dollars US en vue de mettre fin au fléau des maladies tropicales négligées

Kigali, 27 janvier 2020 — Le gouvernement du Rwanda a annoncé aujourd’hui qu’il organisera un sommet mondial sur le paludisme et les maladies tropicales négligées (MTN) le 25 juin 2020, en marge de la Réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth à Kigali.

Le Sommet de Kigali sur le paludisme et les maladies tropicales négligées sera le premier rassemblement officiel destiné à attirer l’attention et à lancer un appel à l’action, de façon unie et globale, dans le but de mettre fin à ces maladies fatales, pourtant souvent évitables, qui font souffrir tant d’êtres humains depuis des millénaires.

La moitié de la population mondiale est exposée au paludisme. Chaque année, plus de 200 millions de personnes contractent le paludisme et plus de 400 000 en meurent. La plupart des victimes sont de jeunes enfants de l’Afrique subsaharienne. Plus de 1,5 milliard de personnes (une personne sur cinq) sont exposées à des maladies tropicales négligées, un ensemble de vingt maladies, dont l’éléphantiasis, la maladie du sommeil, la lèpre, le trachome cécitant et les vers intestinaux qui débilitent, défigurent, causent des handicaps et peuvent être fatales, alors que l’administration de traitements coûte aussi peu que 50 cents par personne par an.

Toutes ces maladies se propagent sans que rien ne les arrête dans les zones de pauvreté et frappent d’abord et plus durement les plus vulnérables, à savoir les femmes (en particulier lorsqu’elles sont enceintes), les enfants de moins de cinq ans, ainsi que les personnes vivant dans des communautés éloignées et mal desservies.

La Dre Diane Gashumba, ministre de la Santé du Rwanda, a déclaré :

« Il est inacceptable que des milliards de personnes dans le monde continuent à souffrir et, trop souvent, à succomber au paludisme et aux maladies tropicales négligées. Ces maladies sont évitables, traitables et curables. Les progrès incroyables réalisés en matière de lutte contre le paludisme et les maladies tropicales négligées sont la preuve de ce qui peut être fait avec les ressources dont nous disposons, les politiques adéquates, et une forte dose d’engagement. Nous pouvons, et nous devons, en faire davantage pour veiller à ce que notre jeunesse, nos communautés et nos pays ne soient pas freinés par ces maladies de la pauvreté et de l’inégalité. »

  • Au cours des deux dernières décennies, des pays du monde entier ont fait d’importants progrès dans la lutte contre le paludisme et les maladies tropicales négligées grâce au leadership politique, à l’innovation et à un financement accru permettant d’élargir l’accès aux soins de santé, au plus près des communautés locales. Plus d’un milliard de personnes par an ont bénéficié d’un traitement à grande échelle pour au moins une MTN au cours des trois dernières années, tandis que près de 600 000 vies sont sauvées du paludisme et 100 millions de cas de paludisme sont évités annuellement, comparativement aux niveaux de l’an 2000.
  • La moitié du monde est exempte de paludisme, et 49 pays sont proches de l’avoir éradiqué (notamment la Chine, le Salvador, la Malaisie, le Cap-Vert et l’Eswatini). Depuis 2012, 31 pays – dont huit situés en Afrique – ont éradiqué l’une des dix MTN figurant dans la Déclaration de Londres. Le Ghana a notamment éradiqué le ver de Guinée en 2015 et le trachome cécitant en 2018.

Le Dr Abdourahmane Diallo, Directeur général du Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme, l’une des deux principales coalitions de lutte contre la maladie soutenant le Sommet, a déclaré :

« Les pays du Commonwealth enregistrent à eux seuls plus de la moitié des cas déclarés et des décès dus au paludisme dans le monde. Le Sommet de Kigali sera un moment décisif qui permettra aux dirigeants du Commonwealth de faire le point sur les progrès accomplis par les pays dans le sens de la concrétisation de l’engagement qu’ils ont pris à Londres il y a deux ans, visant à réduire de moitié les cas de paludisme d’ici à 2023. Six cent cinquante mille vies dépendent de la réalisation de cet engagement, vital si l’on considère l’objectif d’éradication mondiale fixé pour 2030. Nous exhorterons les dirigeants du Commonwealth et d’ailleurs à accélérer la prise de mesures visant à atteindre l’objectif “zéro paludisme”. »

Mme Thoko Elphick-Pooley, Directrice de l’organisation Uniting To Combat Neglected Tropical Diseases (« Unis pour combattre les MTN »), l’une des deux principales coalitions soutenant le Sommet, a déclaré : « 2020 sera une année capitale, car elle doit voir l’établissement du programme mondial et de l’accélération du progrès de la lutte contre les maladies tropicales négligées qui touchent une personne sur cinq dans le monde. Elle démarrera véritablement à Kigali, avec la préparation de la toute première Journée mondiale des maladies tropicales négligées, fixée le 30 janvier, et nous mènera au lancement de la prochaine Feuille de route MTN 2030 de l’Organisation mondiale de la Santé en juin, ainsi qu’à une réponse à l’échelle mondiale. J’espère que d’ici la fin de cette année, nous pourrons vraiment dire que nous avons mobilisé la volonté politique et le leadership nécessaires pour faire en sorte que ces maladies ne soient plus négligées. Une réelle occasion d’agir et de réussir nous est offerte. Nous appelons nos partenaires à se joindre à notre mouvement mondial pour mettre fin aux MTN. »

Selon les estimations, seulement 0,6 % du financement mondial des soins de santé est alloué au contrôle des MTN. L’un des résultats attendus du Sommet de Kigali sera la « Déclaration sur les MTN » incitant les pays à respecter leurs engagements politiques et à mobiliser de nouveaux engagements financiers, à hauteur de 1,5 milliard de dollars, dans le but d’accélérer les progrès vers la couverture totale de la mise en œuvre de la prochaine Feuille de route MTN 2030 de l’OMS.

S’agissant du paludisme, le Sommet est un tournant majeur, et l’occasion pour les dirigeants de remplir la promesse faite par les dirigeants du Commonwealth lors de la CHOGM 2018 : réduire de moitié le nombre de cas de paludisme dans l’ensemble du Commonwealth d’ici à 2023. La réalisation de l’engagement du Commonwealth est essentielle pour atteindre les cibles mondiales 2030 de lutte contre le paludisme, qui visent à réduire le fardeau du paludisme de 90 % et à éliminer cette maladie dans au moins 35 pays qui étaient impaludés en 2015.

Le Sommet de Kigali sur le paludisme et les MTN tirera parti de la présence de chefs d’État de pays représentant près des deux tiers du fardeau du paludisme et des MTN, ainsi que de grands donateurs et partenaires luttant ensemble contre ces maladies. Outre le soutien du gouvernement hôte, du Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme et l’organisation Uniting To Combat NTDs, le Sommet bénéficiera également de l’appui d’un large éventail de partenaires dont l’Alliance des dirigeants africains contre le paludisme (ALMA), la Fondation Bill & Melinda Gates, le Fonds END, l’ONG Malaria No More (Royaume-Uni), et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Mettre fin au paludisme et aux maladies tropicales négligées constitue un volet important des Objectifs de développement durable fixés par les gouvernements du monde entier en 2015, sachant que, dans le cadre de l’objectif de santé ODD3, les pays se sont engagés à réduire d’ici 2030 de 90 % le nombre de cas de paludisme et de MNT : cette ambition affichée constitue l’un des premiers leviers vers la couverture sanitaire universelle.

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Pour de plus amples informations :

Équipe de presse du Sommet de Kigali : Ian Gachichio, Weber Shandwick, igachichio@webershandwick.com, +254 721 300 873

Malick Kayumba, responsable du Centre de communications sur la santé au Rwanda, malick.kayumba@rbc.gov.rw

Le Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme

Le Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme est la plus grande plate-forme mondiale de coordination d’actions contre le paludisme. Fondé en 1998 sous le nom de Partenariat Roll Back Malaria (RBM), il mobilise des ressources, engage à l’action et forge des consensus entre les partenaires. Le Partenariat rassemble plus de 500 partenaires, dont des pays où la maladie est endémique, leurs partenaires de développement bilatéraux et multilatéraux, des acteurs du secteur privé, des organisations non gouvernementales, des organisations communautaires, des fondations, ainsi que des instituts de recherche et des établissements d’enseignement supérieur. https://endmalaria.org/fr

Uniting to Combat Neglected Tropical Diseases

Les maladies tropicales négligées (MTN) sont un ensemble de maladies infectieuses débilitantes qui touchent plus de 1,5 milliard de personnes dans le monde. Elles causent des handicaps, défigurent et peuvent être fatales. L’organisation Uniting to Combat NTDs est un collectif de partenaires investis, intéressés et dévoués, comprenant notamment des gouvernements, des donateurs, des compagnies pharmaceutiques, des organisations non gouvernementales, des institutions académiques et plus encore. Ce partenariat est engagé dans la lutte pour mettre fin aux épidémies de MTN.

Paludisme

Depuis l’an 2000, les efforts déployés dans le monde ont permis de sauver sept millions de vies menacées par le paludisme et de prévenir plus d’un milliard de nouvelles infections. Selon les données les plus récentes de l’Organisation mondiale de la Santé :

  • La moitié la population mondiale continue d’être exposée au risque de paludisme.
  • 405 000 décès dus au paludisme et 228 millions de cas de paludisme ont été recensés en 2018.
  • 11 pays (10 pays africains plus l’Inde) représentent environ 70 % du fardeau mondial du paludisme.

Le paludisme frappe plus durement certains des membres les plus vulnérables de la société, à savoir les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans, notamment en Afrique qui concentre plus de 90 % des cas déclarés et des décès dus au paludisme dans le monde. Encore aujourd’hui, le paludisme tue un enfant toutes les deux minutes.

Maladies tropicales négligées

Les maladies tropicales négligées (MTN) sont un ensemble de maladies infectieuses débilitantes qui touchent plus de 1,7 milliard de personnes dans le monde. Elles causent des handicaps, défigurent, et peuvent être fatales. L’Organisation mondiale de la Santé range actuellement 20 maladies dans la liste des maladies tropicales négligées. En 2012, des gouvernements, sociétés pharmaceutiques, philanthropes, donateurs et organisations non gouvernementales se sont réunis pour signer la Déclaration de Londres sur la lutte contre les MTN. Au cours des discussions qui ont eu lieu en 2012, il a été décidé que dix des 20 MTN répondaient aux exigences essentielles pour bénéficier d’une aide immédiate et ciblée. Il s’agit en l’occurrence des suivantes :

L’éléphantiasis (filariose lymphatique) : c’est une maladie transmise par les moustiques qui provoque de la fièvre, un gonflement sévère des membres inférieurs et, chez les hommes, un gonflement du scrotum. La maladie est douloureuse et défigurante, et peut mener à la stigmatisation. C’est l’une des principales causes d’invalidité dans le monde.

La cécité des rivières (onchocercose) : il s’agit d’une infection parasitaire transmise par les mouches noires qui se trouvent près des rivières et des ruisseaux à débit rapide. L’infection provoque des démangeaisons débilitantes, des affectations cutanées défigurantes, ainsi qu’une perte irréversible de la vue.

La bilharziose (schistosomiase) : cette infection parasitaire est transmise par les escargots d’eau douce. Une mauvaise hygiène et la natation rendent les enfants particulièrement vulnérables. L’infection est cause de malnutrition, de troubles du développement intellectuel ainsi que de maladies chroniques plus tard dans la vie, dont l’une est la schistosomiase génitale féminine, qui peut tripler le risque de contamination par le VIH.

Les vers intestinaux (géohelminthiases) : l’infection peut causer l’anémie, la malnutrition et le retard de croissance. Les vers intestinaux se propagent en raison de mauvaises conditions sanitaires et sont transmis par les sols et l’eau contaminés.

Le trachome : c’est une infection bactérienne transmise par contact personnel (par les mains, les vêtements ou la literie) et par les mouches. L’infection répétée force les cils à pousser vers l’intérieur, causant des grattements douloureux et finalement la cécité.

La maladie de Chagas : il s’agit d’une infection parasitaire transmise par des insectes hématophages parfois appelés « punaises assassines » ou « punaises embrasseuses », qui infestent les maisons. Elle peut également être transmise par l’ingestion d’aliments contaminés par les insectes, par transfusion sanguine, transplantation d’organe et lors d’un accouchement. Après une phase bénigne, jusqu’à 40 % des personnes finissent par développer des complications graves, y compris des maladies cardiaques qui peuvent être fatales si elles ne sont pas traitées.

La maladie du ver de Guinée : c’est une infection parasitaire transmise par l’eau contaminée qui contient des puces d’eau infectées par des larves de ver de Guinée. Au fil du temps, les vers femelles peuvent croître jusqu’à plus d’un mètre de long dans le corps. Ils commencent alors à émerger au travers la peau par des cloques très douloureuses sur les jambes ou les pieds. Ce processus s’accompagne également de fièvre, de nausées et de vomissements.

La maladie du sommeil (trypanosomiase humaine africaine) : cette maladie parasitaire est transmise à l’homme par les morsures de mouches tsé-tsé infectées. Le premier stade de l’infection provoque de la fièvre, des maux de tête, des douleurs articulaires et des démangeaisons. Les parasites envahissent ensuite le système nerveux central et le cerveau, entraînant des comportements confus, des changements de comportement, une mauvaise coordination et des troubles du sommeil. Sans traitement, cette maladie est fatale.

La lèpre : c’est une infection bactérienne chronique transmise par les gouttelettes provenant du nez et de la bouche des personnes infectées. Le premier stade de la lèpre entraîne une perte de sensation et une faiblesse musculaire du visage, des mains et des pieds. L’infection prolongée cause des dégradations permanentes, telles que la perte et le raccourcissement des doigts et des orteils, et peut causer la cécité ainsi qu’une stigmatisation profonde.

Kala-azar (leishmaniose viscérale) : cette infection parasitaire est transmise par les mouches des sables qui se reproduisent à l’intérieur et autour des maisons et des fermes. La maladie attaque le système immunitaire et affecte la moelle osseuse et les organes internes, causant des épisodes irréguliers de fièvre, une perte de poids importante et de l’anémie. Elle peut être fatale si elle n’est pas traitée.

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