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Un nouveau rapport entend accélérer les efforts visant à éliminer le paludisme et faire avancer l’égalité des sexes

Si les femmes et les adolescentes des pays où le paludisme est endémique sont les premières investies dans la lutte contre le paludisme, les inégalités systémiques de genre les empêchent de profiter des avantages d’un monde sans paludisme

Genève/Seattle, le 29 juin 2021 – Selon un nouveau rapport publié à la veille du Forum Génération Égalité, « Intégrer la question du genre dans la lutte contre le paludisme pour répondre à un double objectif », la lutte contre le paludisme ne peut plus ignorer la question du genre.

Le rapport, co-rédigé par Malaria No More et le Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme, préconise d’intégrer une perspective intentionnelle de genre dans le leadership, la recherche, les données, les politiques et les programmes de lutte contre le paludisme. Il décrit comment une élimination rapide du paludisme pourrait faire avancer l’égalité des sexes et comment une approche visant à mettre davantage l’accent sur l’investissement dans les femmes et les filles pourrait accélérer les progrès vers l’élimination du paludisme, une maladie évitable et curable qui tue un enfant toutes les deux minutes.

Si les efforts mondiaux ont permis de réaliser d’énormes progrès dans la lutte contre le paludisme depuis 2000, en sauvant 7,6 millions de vies, ces progrès ont ralenti au cours des cinq dernières années. Il est indispensable d’adopter de nouvelles stratégies et des approches adaptées afin de renouveler et d’accélérer les progrès pour mettre fin au paludisme en l’espace d’une génération.

Son Excellence Ellen Johnson Sirleaf, l’ancienne présidente du Libéria, lauréate du prix Nobel et coprésidente du End Malaria Council, qui a rédigé l’avant-propos du rapport précité a déclaré : « Les résultats seront transformateurs et de grande envergure tant pour la santé que l’égalité des sexes si nous reconnaissons et plaçons les femmes et les adolescentes au cœur de la lutte contre le paludisme. Et quand les femmes et les adolescentes deviennent autonomes et que l’égalité des sexes progresse, un nouveau cycle vertueux se crée permettant un meilleur accès aux services de santé, avec pour résultat une baisse des taux de mortalité infantile et l’éradication du paludisme plus tôt que prévu. »

En tant que patientes, soignantes et les prestataires de soins médicaux, les femmes et les adolescentes subissent de plein fouet les conséquences sanitaires, sociétales et économiques du paludisme, même si cela ne se voit quasiment pas en raison notamment du manque de données ventilées par sexe et par âge nécessaires pour évaluer l’impact des obstacles liés au genre sur l’accès aux services de soins et de prévention du paludisme essentiels à la survie des patients dans les 24 heures suivant l’apparition de la fièvre ; au pourcentage écrasant de femmes professionnelles de santé communautaire (PSC), dont beaucoup travaillent comme bénévoles ; et à la quantité d’heures consacrées aux soins fournis aux membres des familles atteintes du paludisme, plusieurs fois par an, tout au long d’une vie. Ces effets entraînent souvent des conséquences à vie, y compris des jours d’absence scolaire et un potentiel de revenu limité et font du paludisme un moteur perpétuel de la pauvreté et de l’inégalité entre les sexes.

« Les femmes qui portent de manière disproportionnée le fardeau du paludisme comparé à leurs homologues masculins sont les mêmes qui travaillent comme agentes de santé communautaire dans les services de santé spécialisés dans le paludisme sans recevoir d’indemnisation équitable ou qui y occupent des rôles moins bien payés au bas de l’échelle sociale en étant confrontées à la dure réalité des préjugés sexistes ou au harcèlement », a fait remarquer Martin Edlund, directeur général de Malaria No More. « L’éradication du paludisme est l’un des leviers les plus efficaces dont nous disposons pour inverser la courbe de la pauvreté des femmes. Les retombées sanitaires, sociétales et économiques peuvent être considérables pour les pays qui valorisent les femmes et augmentent les effectifs des services de santé communautaire qui s’avèrent indispensables à la détection, au traitement et à la surveillance du paludisme dans les communautés les plus pauvres et les plus reculées. Leur travail est à l’origine des progrès considérables accomplis dans la lutte contre le paludisme et de la résilience économique et sanitaire accrue des pays. »

Selon une analyse publiée récemment par des chercheurs de l’Institut tropical et de santé suisse et de l’Université de Columbia, les femmes passent quatre fois plus de temps que les hommes à s’occuper des enfants atteints de paludisme au sein du ménage. Les femmes consacrent également quatre fois plus d’heures au travail non rémunéré que les hommes.

« Éradiquer le paludisme en l’espace d’une génération relève du possible, mais uniquement si nous accélérons les progrès. Pour ce faire, nous devons libérer le pouvoir, la capacité d’agir et le leadership des femmes et des adolescentes », a dit la professeure Maha Taysir Barakat, présidente du Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme. L’autonomisation des femmes et des adolescentes stimule la productivité, accroît la diversification économique, favorise la parité salariale et aboutit à d’autres résultats positifs en matière de développement. Il reste beaucoup à faire pour s’assurer que les familles, les communautés et les pays saisissent les avantages que l’on peut obtenir lorsque les femmes et les adolescentes participent pleinement à la société en y occupant une place de choix.

La communauté internationale n’a, jusqu’à présent, pas toujours adopté une perspective de genre dans le cadre de la lutte contre le paludisme. Aujourd’hui, un mouvement croissant en faveur de l’égalité des sexes et de l’éradication du paludisme appelle à adopter une approche intentionnelle, cohérente et soutenue. Le rapport appelle les gouvernements, les donateurs, les chercheurs, les agents de mise en œuvre, les décideurs, les organisations de la société civile et le secteur privé à agir dans quatre domaines :

  • Le leadership : favoriser et accroître une représentation équilibrée des hommes et des femmes dans tous les domaines du leadership en matière de paludisme, y compris parmi les décideurs, les chercheurs et les scientifiques, les cadres supérieurs de santé et les responsables de la lutte antivectorielle.
  • La politique et le plaidoyer : créer des moyens d’élaborer des politiques qui traitent du paludisme, de la prévention, du traitement et de la gestion tout au long du cycle de vie des femmes et des filles.
  • Les programmes : concevoir, affiner et mettre en œuvre des programmes de lutte contre le paludisme qui intègre la question du genre.
  • La recherche et les données : continuer d’identifier et de combler les importantes lacunes en matière de données sexospécifiques afin de découvrir les informations et les besoins manquants nécessaires à l’élaboration d’interventions efficaces axées sur l’égalité des sexes et le paludisme.

La publication du rapport a lieu un jour avant le début du Forum Génération Égalité dirigé par ONU Femmes et coorganisé par les gouvernements de la France et du Mexique. Prévu pour être le plus grand rassemblement féministe mondial depuis 1995, l’objectif du Forum est de rassembler toutes les parties prenantes engagées en faveur de l’égalité des sexes afin d’examiner les progrès accomplis et de prendre des engagements concrets, spécifiques et ambitieux pour accélérer les progrès vers l’égalité des sexes au cours des cinq prochaines années.

Plus de 100 spécialistes de la question de l’égalité des sexes et du paludisme dans le monde ont été consultés pour documenter ce rapport. Les recommandations contenues dans le rapport s’appuient sur des recherches documentaires, des entretiens de spécialistes, des ateliers thématiques et un forum politique qui ont étudié les impératifs sanitaires, économiques et liés aux droits de la personne indispensables à l’intégration d’une perspective de genre dans la lutte contre le paludisme.

Pour lire le rapport, consultez le site https://bit.ly/3h1hmLv

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Contact presse Grayling France

Marie-France BERGAMO, +33 7 62 78 19 90, Mariefrance.bergamo@grayling.com

 

À propos de Malaria No More

Malaria No More travaille pour un monde où personne ne meurt d’une piqûre de moustique. Plus d’une décennie après le début de notre mission, notre travail a abouti à des progrès historiques dans la poursuite de cet objectif. Aujourd’hui, nous mobilisons les engagements politiques, les financements et les innovations requis pour réaliser l’un des objectifs les plus ambitieux du secteur humanitaire : mettre un terme au paludisme dès la présente génération. Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.malarianomore.org.

 

À propos du Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme

Le Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme est la plus grande plate-forme mondiale d’action coordonnée contre le paludisme. Initialement créé sous le nom de Partenariat Roll Back Malaria (RBM) en 1998, il mobilise les efforts pour l’action et les ressources et forge un consensus entre les partenaires. Le Partenariat est composé de plus de 500 partenaires, dont les pays impaludés, leurs partenaires bilatéraux et multilatéraux de développement, le secteur privé, les organisations non gouvernementales et communautaires, les fondations et les institutions de recherche et d’enseignement. Le Secrétariat du Partenariat RBM est hébergé par le Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS) à Genève, en Suisse. Pour en savoir plus, rendez-vous sur endmalaria.org.

 

 

 

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