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Reconstitution des ressources du Fonds mondial: à quelques jours de la Conférence, les diasporas africaines appellent la France à prendre des actes forts contre le paludisme et pour une reconstitution complète du Fonds mondial

La septième Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, qui aura lieu la semaine prochaine à New York, est cruciale pour les communautés africaines du continent et les diasporas qui appellent la France à renforcer son soutien au Fonds mondial pour sauver 20 millions de vies supplémentaires d’ici 2026 et faire avancer la lutte contre les trois épidémies.

Après des événements de mobilisation à Berlin et Londres, c’est à l’Hôtel de Ville de Paris que des voix multiples ont résonné le 13 septembre pour demander la reconstitution complète des ressources du Fonds mondial. Les diasporas africaines de France ont uni leur voix aux communautés africaines et aux organisations de la société civile pour sensibiliser les dirigeants français à l'urgence d’intensifier la lutte contre le paludisme. Cette rencontre a réuni des élu.e.s, responsables communautaires africains et des personnalités du monde artistique, culturel et sportif africain, aux côtés des co-organisateurs de l'événement, le Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, Le Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme, Esprit d'Ebène, Speak Up Africa, et la Mairie de Paris, ainsi que des partenaires de l’événement : Action Santé Mondiale, ONE, Elus Locaux contre le SIDA, Impact Santé Afrique et les Amis du Fonds Mondial Europe

Un même objectif les a rassemblés : lancer un message fort au gouvernement français – la France étant le premier donateur européen du Fonds mondial et deuxième donateur mondial – et aux dirigeants mondiaux pour reconstituer le Fonds mondial à hauteur d’un minimum de 18 milliards de dollars, afin de sauver 20 millions de vies supplémentaires du paludisme, du VIH/Sida, et de la tuberculose.

La Conférence de reconstitution : un enjeu crucial pour aider au financement de la lutte contre le paludisme

Les maladies infectieuses ont un impact disproportionné sur les communautés les plus vulnérables, et requièrent un engagement constant et ambitieux. Bien que l’attention ait été concentrée récemment sur la pandémie de COVID-19, d’autres maladies comme le paludisme, le VIH/Sida et la tuberculose continuent de faire des ravages. Elles dévastent, accablent et empêchent des millions de personnes - dont la majorité vivent dans la pauvreté - d'accéder à l'emploi, aux soins de santé et à l'éducation.

La pandémie de COVID-19 a eu un impact dévastateur sur la lutte contre ces maladies. Le paludisme se trouve à un tournant précaire : pour la première fois depuis des décennies, le nombre de morts du paludisme est reparti à la hausse avec 69,000 décès additionnels, portant le nombre total de décès à 627,000 en 2020. L'impact de la stagnation des financements, des urgences humanitaires, ainsi que la menace croissante de la résistance aux médicaments et aux insecticides, ont eu un impact sur notre capacité à progresser.

Pour autant, ces maladies ne sont pas une fatalité, il est possible de se mobiliser pour y mettre fin et atteindre les Objectifs de Développement Durable fixés par les Nations Unies. Un Fonds mondial doté de toutes les ressources est essentiel pour mettre fin au paludisme, faire progresser l'équité en matière de santé et mettre en place des systèmes de santé résilients. 

Depuis 2002, le Fonds mondial a sauvé plus de 50 millions de vies, réduit le fardeau du VIH/Sida, du paludisme et de la tuberculose de plus de moitié et renforcé les systèmes de santé dans les communautés les plus vulnérables du monde. Cela comprend 10,6 millions de vies sauvées du paludisme et 1,7 milliard de cas de paludisme évités, soit l'un des plus grands succès de ce siècle en matière de santé.

Francoise Vanni, Directrice des relations extérieures et de la communication du Fonds mondial

« La reconstitution complète des ressources du Fonds mondial est essentielle pour intensifier la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme au cours des trois prochaines années. Si la France et les autres donateurs nous renouvellent pleinement leur soutien, nous pouvons en finir avec ces trois épidémies d’ici 2030 ».

Dr Corine Karema, directrice par intérim du Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme :

« Malgré les progrès réalisés à ce jour, 627 000 personnes sont mortes de paludisme – presque toutes sur le continent africain. Cela représente une augmentation de 69 000 décès dus au paludisme par rapport à l’année antérieure. Tragiquement, aujourd’hui le paludisme tue un enfant chaque minute. Le paludisme pèse sur nos familles, nos communautés et nos économies. Plus de 300 millions de personnes vivant dans les pays francophones sont à risque de paludisme, avec 5 des onze pays les plus touchés par le paludisme situés en Afrique francophone.

La France a toujours fait preuve d'un leadership et d’une solidarité remarquable dans le financement de la santé et a démontré encore un bel exemple lors de la reconstitution des ressources du Fonds mondial en 2019 pour fournir 14 milliards de dollars pour lutter contre ces trois maladies. Les dirigeants mondiaux doivent maintenant s'unir pour faire à nouveau ce qui est juste en intensifiant ces engagements et en investissant au moins 18 milliards de dollars pour mettre fin aux épidémies de VIH/Sida, de tuberculose et de paludisme ».

Fatimata Sy, Secrétaire exécutive de l’Association sénégalaise pour l’avenir de la femme et de l’enfant et récipiendaire du Fonds Voix EssentiELLES au Sénégal:

«  Parmi les décès dus au paludisme, 96 % se produisent en Afrique ; les femmes sont les plus touchées par cette maladie, les enfants et les femmes enceintes étant les plus exposés. C'est un signal d'alarme. Nous avons besoin de politiques conçues et fondées sur l'expérience des femmes, et d'un financement plus important pour soutenir notre participation aux processus décisionnels ».

Farida Tiemtore, Présidente des Héroines du Faso et récipiendaire du Fonds Voix EssentiELLES au Burkina Faso:

« En tant que jeunes, nous sommes préoccupés par la sécurité de notre avenir, et des maladies comme le paludisme, le VIH/Sida et la tuberculose continuent de faire des ravages dans nos communautés. Alors que 70 % des Africains n'ont pas encore 30 ans, nous avons la capacité et le pouvoir de faire pression pour que les dirigeants mondiaux atteignent les objectifs d'élimination de ces maladies ».

Aké Natondé, Député à l’Assemblée nationale du Bénin et Président de la commission de l’éducation, de la culture, de l’emploi et des affaires sociales

« Les effets du paludisme, du VIH/Sida et de la tuberculose affectent tout particulièrement les populations vulnérables dans nos communautés africaines et la pandémie de la COVID-19 a considérablement ralenti nos progrès collectifs vers l'élimination de ces maladies. Les enjeux sont extrêmement élevés, c'est pourquoi nous devons toutes et tous œuvrer pour mobiliser des ressources additionnelles au niveau national et mondial, pour mettre un terme à ces maladies évitables et traitables d'ici 2030. C'est maintenant qu'il nous faut des engagements concrets et à plus grande échelle ! ».

Jean-Luc Romero-Michel, Adjoint à la Maire de Paris en charge des droits humains, de l’intégration et de la lutte contre les discriminations.

« Les élus et nos gouvernements ont un rôle crucial à jouer dans la lutte contre le paludisme, le VIH/Sida et la tuberculose. Nous pouvons les éradiquer si nous avons la volonté politique nécessaire ».

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