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L’Afrique à la tête d’engagements novateurs pour mettre fin au paludisme et aux maladies tropicales négligées d’ici 2030

Un financement de plus de 4 milliards de dollars US engagé par les gouvernements, le secteur privé et les organisations internationale lors d’un important sommet mondial

Le 23 juin 2022 – Kigali, Rwanda : Les dirigeants mondiaux avec en chef de file les chefs d’État africains ont annoncé aujourd’hui la première phase d’une série d’engagements afin d’accélérer les progrès en matière de lutte contre les maladies tropicales négligées (MTN) lors de l’historique Sommet de Kigali sur le paludisme et les MTN.

Le Sommet de Kigali, accueilli par Son Excellence Paul Kagame, le Président de la République du Rwanda, a présenté des engagements financiers à hauteur de plus de 4 milliards de dollars US de la part des gouvernements, des organisations internationales, des philanthropes et du secteur privé. De plus, 18 milliards de comprimés ont été donnés par des entreprises pharmaceutiques pour la prévention et le traitement des MTN.

Ce fut le premier sommet conjoint en matière de lutte contre le paludisme et les MTN avec la présence de chefs d’État organisé sur le continent africain. Des dirigeants mondiaux tels que Son Altesse Royale le Prince de Galles, Son Excellence Mokgweetsi Masisi, le président de la République du Botswana, Son Excellence Andrew Holness, le premier ministre de la Jamaïque, l’Honorable Dr Philip Isdor Mpango, le vice-président de la République Unie de Tanzanie, Son Excellence Sheikh Shakhboot bin Nahyan Al Nahyan, ministre d’État au E.A.U. ainsi que le Dr Osagie Ehanire, l’honorable ministre de la Santé de la République Fédérale du Nigeria. Ce sommet a eu lieu en marge de la Réunion des chefs des gouvernements du Commonwealth.

Des mesures historiques de la part des pays endémiques

En réponse à la menace urgente que représente la résurgence de cas de paludisme et de MTN, exacerbée par une stagnation des financements, les défis en terme de biologie et la pandémie de COVID-19, après plusieurs années de progrès, les pays endémiques sont parvenus à fournir des engagements robustes lors du Sommet afin de faire preuve de leadership et de montrer la voie en matière de mesure dans le but d’accélérer les progrès visant à éliminer ces maladies d’ici 2030 et de galvaniser la volonté politique en ce sens.

Les pays affectés par le paludisme et les MTN se sont engagés à investir plus de 2,2 milliards de dollars US de ressources nationales dans la lutte contre ces maladies. Ces engagements ont été pris dans le contexte de la Déclaration de Kigali sur les MTN lancée aujourd’hui et d’un appel à un engagement de davantage de ressources nationales contre le paludisme dans le cadre de la reconstitution des ressources du Fonds Mondial.

Avec les pays endémiques faisant preuve de leadership et d’autonomie dans la lutte contre le paludisme et les MTN, il est maintenant temps pour la solidarité internationale de faire en sorte de travailler ensemble avec tous les partenaires et à tous les niveaux afin d’atteindre ces objectifs ambitieux.

Son Excellence Paul Kagame, Président de la République du Rwanda, a déclaré :

 « S’assurer que tous les pays africains mobilisent les ressources financières internes nécessaires à des soins médicaux de qualité est une priorité pour l’Union Africaine ainsi que pour nos partenaires. »

« Si la pandémie nous a appris une chose, c’est qu’ensemble, grâce à des mesures coordonnées et concertées, nous pouvons réaliser bien plus. »

Les pays appellent les dirigeants mondiaux à les rejoindre et à montrer leur soutien en assurant des ressources et en appuyant la Déclaration de Kigali sur les MTN, ainsi qu’à mobiliser un minimum de 18 milliards de dollar US pour la lutte contre le paludisme lors de la Septième conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial en septembre.

Le discours de Son Altesse Royale, le Prince de Galles lors du Sommet sur le paludisme et les maladies tropicales négligées à l’Intare Conference Hall au Rwanda, peut être consulté ici.

Extrait du discours :

« Alors que nous avons accompli beaucoup grâce à la campagne contre le paludisme depuis 2000, je crains qu’à cause de la pandémie de COVID-19 il ne reste encore beaucoup à faire afin d’atteindre nos ambitions. Je ne peux qu’espérer que la réunion d’aujourd’hui signale le besoin de mettre l’accent et la priorité sur le financement de nouvelles stratégies en matière d’agents thérapeutiques, de médicaments prophylactiques et de vaccins contre le paludisme.

Par exemple, je crois savoir que le Fonds mondial pour la lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme a déclaré que 188 millions de moustiquaires avaient été distribuées en 2020 -une augmentation de 17 % par rapport à 2019, malgré le Covid-19. Et nous pouvons espérer davantage encore – nous avons maintenant et plus que jamais de précieux atouts à notre disposition. Comme par exemple, le premier vaccin approuvé par l’OMS, de nouvelles moustiquaires et des moyens de communication modernes afin de faire un suivi des progrès et de lutter contre la complaisance.

Il est encourageant de constater que les leaders du Commonwealth apporteront leur soutien à cette campagne et s’engageront à œuvrer afin de mettre fin à l’épidémie de paludisme d’ici 2030. Je me félicite vivement de cette détermination et de ne pas tourner le dos à un travail qui n’est pas achevé ».

Investissement novateur en matière de recherche & développement

  • Le secteur privé a répondu à l’appel des chefs de Gouvernement en augmentant également son soutien. Les organisations du secteur privé ont pris une série d’engagements comprenant une augmentation du financement de la recherche, une amélioration des capacités de fabrication locales dont certaines proviennent de BioNTech afin de produire des vaccins de nouvelle génération localement et ainsi bénéficier de la technologie ARNm , un soutien aux initiatives régionales (comme celle de GoodbyeMalaria), des nouveaux diagnostiques sûrs et accessibles pour les MTN tels que celui concernant l’envenimement par morsure de serpent. Ajouté à cela, neuf entreprises pharmaceutiques ont donné plus de 18 milliards de comprimés pour les MTN.
  • Pfizer a pris l’engagement novateur de prolonger son programme de dons d’antibiotiques jusqu’à 2030, permettant ainsi de poursuivre les programmes d’élimination du trachome dans plus de 19 pays.
  • GSK a réaffirmé son engagement de faire des dons d’albendazole jusqu’à élimination de la filariose lymphatique, d’étendre aux enfants d’âge préscolaire ses dons pour lutter contre les helminthes transmis par le sol, et d’inscrire une troisième maladie sur la feuille de route des MTN de l’OMS de 2030, l’échinococcose.  GSK s’engage également à investir un milliard de livres sterling dans la recherche et le développement au cours des dix prochaines années afin de venir à bout des maladies infectieuses lourdes qui impactent de manière disproportionnée les pays à revenu moyen ou faible et s’assurer que personne ne soit oublié.
  • Novartis investit 250 millions de dollars US pour faire progresser la recherche et le développement des nouveaux traitements pour lutter contre les MTN et le paludisme, dont 100 millions de dollars US pour avancer la recherche et le développement de son programme MTN, focalisé sur de nouveaux médicaments potentiels pour quatre maladies, et 150 millions de dollars US pour la nouvelle génération d’antipaludiques.
  • Le Wellcome Trust s’engage à fournir un financement de 80 millions de livres sterling pour la recherche sur le traitement de l’envenimement par morsure de serpent.
  • La société biopharmaceutique BioNTech a annoncé son projet de fournir un vaccin hautement efficace basé sur sa technologie brevetée ARNm pour la prévention du paludisme et de la mortalité liée à la maladie. L’essai clinique du premier vaccin contre le paludisme devant commencer d’ici fin 2022. 

Des fondations philanthropiques et des Fonds, telle que la fondation Bill et Melinda Gates ont également apporté leur soutien aux programmes de lutte contre le paludisme et les MTN.

Melinda French Gates, co-présidente, la fondation Bill & Melinda Gates, a souligné les progrès remarquables des africains et de leurs partenaires en matière de lutte contre les maladies infectieuses évitables.

« Au cours des vingt dernières années, il a été stimulant de voir la façon dont les leaders se sont rassemblés afin de lutter contre le paludisme et les maladies tropicales négligées » a déclaré Melinda French Gates, lors du Sommet de Kigali.

« Les responsables des gouvernements africains, le personnel de santé, les défenseurs et les scientifiques ont contribué à réduire de manière significative le nombre de décès et autres impacts que ces maladies ont sur les communautés.  Un incroyable leadership, une collaboration avec des organisations multilatérales, les pays donateurs et les sociétés pharmaceutiques sauvent des vies et aident les personnes à vivre au maximum de leur potentiel. »

Les progrès contre le paludisme et les MTN ont été retardés au cours des dernières années, et ont même régressé dans certains pays du fait d’une stagnation des financements, de l’augmentation rapide de la population et d’une résistance généralisée aux insecticides, et ajouté à cela la pandémie de COVID-19.  Ceci a perturbé les programmes sanitaires y compris les services de première nécessité et les chaînes d’approvisionnement et a encore davantage mis à mal la lutte contre le paludisme.

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, a déclaré :

« Le paludisme frappe l’humanité depuis des millénaires, mais les vingt dernières années ont vu des avancées considérables, qui ont sauvé de nombreuses vies.  Ces avancées sont aujourd’hui en danger.  Si ne nous redoublons pas nos efforts, nous courons le risque de voir une résurgence immédiate du paludisme, particulièrement en Afrique.  Mais nous possédons les outils et les stratégies pour empêcher cela – et, avec ces nouveaux outils, nous pouvons commencer à rêver d’un monde sans paludisme. »  

Parvenir à un monde plus sûr et en meilleur santé, sans paludisme ni MTN nécessite de nouveaux investissements, des partenariats stratégiques intersectoriels, une utilisation adaptée et fondée sur les données des outils actuels et un investissement accru en matière de surveillance des maladies et des systèmes d’alerte rapide.  Les annoncent faites lors du Sommet de Kigali devraient contribuer de manière significative à sauver des vies et les moyens de subsistance de milliards de personnes à travers le monde, exposées aux dangers de ces maladies évitables et traitables.

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